• Homélie de Mgr TURINI

    Evêque de Cahors

     

     

     

     

    Sœurs et frères,


    Nous sommes heureux, chaque année, de nous rassembler en ce lieu qui a vu naître le Saint martyr de notre Quercy.

    Le Seigneur a su trouver en lui une terre fertile où la semence de sa Parole a pris racine au point que toute la vie de Jean Gabriel est devenu Bonne Nouvelle pour le service missionnaire sur le vaste continent chinois.

    A certains, le Christ propose de faire ce saut vers l'inconnu. Quand on part en mission, on sait ce que l'on quitte, mais l'on ne sait pas ce que l'on va réellement découvrir. Cette aventure évangélique et spirituelle suppose un solide attachement à Jésus-Christ. Seule cette union peut expliquer pourquoi une homme ou une femme décide à un moment de sa vie, de porter l'Evangile chez un Peuple qu'il ne connaît pas, dans une culture qui n'est pas la sienne, sur une terre étrangère.

    Le premier choix missionnaire, ce n'est pas d'abord de tout quitter pour partir au loin, mais de tout quitter pour Jésus-Christ. Nous n'avons que Lui comme seule richesse et notre plus grand bonheur est d'unir notre vie à la sienne.

    C'est cet amour préférentiel qui vous prend à l'âme et au cœur, qui est le moteur de la mission ici ou ailleurs.

    Est missionnaire, celui et celle qui garde devant lui, le Christ sans relâche comme seule direction et comme seul horizon de sa vie. Il n'en a pas d'autre.

    Nous constatons aujourd'hui que nous vivons dans une société déchristianisée. Qu'est ce que cela veut dire ? Tout simplement que le Christ n'est plus au cœur de cette société, il en a été écarté, exclu. Alors on cherche des causes sociologiques pour expliquer le phénomène. Mais, est-ce vraiment là qu'il faut chercher ? N'est-ce pas d'abord en nous ? Quelle place occupe le Christ dans notre vie ? Est-il simplement à côté de nous, ou est-il réellement en nous.

    C'est vraiment la question fondamentale qui est au cœur de l'évangélisation et j'aimerai que l'on puisse se la poser au cours de nos assemblées synodales.

    Jean Gabriel écrivait dans un entretien spirituel que "Dieu doit trouver en nous une ressemblance avec Son Fils, comme si nous étions son portrait". Mais le prochain doit aussi trouver en moi, malgré ma misère et mon péché, les traits de Jésus-Christ afin qu'ils se gravent en lui.

    Jean Gabriel a fait du Christ, le cœur de sa vie. C'est à partir de ce moment que la mission peut commencer, parce que celui que j'ai au fond de mon cœur, comme j'aimerais qu'il soit dans le tien, qu'il te rende heureux, comme il me rend heureux.

    Au fond la mission n'est rien d'autre que ce cœur à cœur qui unit notre vie à celle du Christ et qui nous pousse à unir la vie des hommes à la sienne parce que nous croyons que la rencontre avec Jésus-Christ peut tout changer dans une existence.

    C'est cet amour qui donne des ailes, celles qui ont permis à Jean Gabriel de partir si loin.

    Le plus important pour le missionnaire ce n'est pas d'abord de mesurer la distance géographique entre son pays d'origine et son pays de destination, c'est surtout de mesurer la distance qui sépare l'homme de Dieu et de tout mettre en œuvre pour la réduire jusqu'à la rencontre entre l'homme et Dieu.

    C'est pour cela qu'il part, parce qu'il a trouvé dans cette union au Christ, cette part d'universalité qui l'appelle à s'offrir à tous pour tourner le cœur des hommes vers Jésus-Christ.

    Ce choix radical ne fait pas dans la demi-mesure. Il appelle à tout donner jusqu'à y laisser sa vie. Nous avons du mal aujourd'hui à comprendre qu'un homme comme Jean Gabriel ait pu consentir à un tel amour à la vie à la mort, jusqu'au témoignage ultime, celui du martyre.

    Nous avons de l'admiration pour lui et pour tant d'autres mais nous nous disons que cela n'est pas pour nous tellement cela nous paraît lointain.

    Mais n'oublions pas que c'est un enfant de chez nous qui l'a vécu.

    Je sais que dans le Lot, on est fier quand un enfant du pays réussit ailleurs, on ne manque pas de le dire.

    Jean Gabriel s'est accompli pleinement dans sa vie missionnaire, il l'a réussi parce qu'il l'a mené jusqu'au bout. C'est une fierté pour toute notre église diocésaine. Par sa trajectoire humaine, évangélique et spirituelle, il a établi un pont entre notre église locale et l'Eglise universelle et je me réjouis aujourd'hui que des prêtres de l'Eglise universelle viennent dans notre église locale pour y semer avec leur vitalité chrétienne, leur culture et leur tradition, la joie de l'Evangile.

    A l'école de la mission, à celle de Jean-Gabriel, l'Esprit Saint nous apprend à bâtir des ponts pour que l'homme puisse rejoindre Dieu, pour que les hommes puissent se rejoindre dans l'amour de Dieu: voilà ce qu'est l’Eglise, voilà quelle est sa mission. Cela peut donner un objectif dynamique à nos assemblées synodales de doyenné


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